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Caecilia

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
Dimanche 20 octobre 2013 à Thierenbach 

  1. Rapport moral

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Mesdames, Messieurs, chers amis,

Le 4 décembre prochain, nous fêterons le cinquantième anniversaire de la promulgation de la constitution sur la sainte liturgie, Sacrosanctum Concilium, du Concile Vatican II par le pape Paul VI. Sacrosanctum Concilium est l’une des quatre constitutions conciliaires promulguées par ce concile. Se donnant pour but la "restauration et [le] progrès de la liturgie" (SC 1) de l’Église, elle se place dans la continuité de l’encyclique Mediator Dei de Pie XII et vient couronner le "mouvement liturgique" dont notre région fut un des acteurs dans la vie de l’Eglise. Comme souvent, l’Alsace faisait le lien entre Paris et le monde germanique. La constitution fut donc solennellement promulguée le 4 décembre 1963 après avoir été adoptée par un vote de 2147 voix contre 42.

Le texte n’a pas pour objet de donner d’abord des détails de mise en œuvre, mais des orientations générales, notamment en vue d’une révision générale des livres liturgiques. Il se livre ainsi à une réflexion théologique sur la nature de la liturgie. Les pères du Concile sont persuadés que toute la vie chrétienne doit être imprégnée par la liturgie pour y trouver vraiment les sources de la foi, de la spiritualité et de la vie de l’homme. Mais le texte revêt aussi un aspect disciplinaire, proposant des orientations concrètes qui prendront corps rapidement dans la réforme de la liturgie. Aujourd’hui, cinquante ans plus tard, nous commençons, par-delà peut-être les tâtonnements et les rapidités, à mesurer combien nous sommes redevables au Concile et combien nous en sommes les héritiers. On dit que l’on peut commencer à faire un bilan d’une telle réforme dans la vie de l’Eglise après 100 ans ; nous sommes à la moitié du guet. C’est dans ce contexte particulier que je vous invite à relire avec moi l’année écoulée pour notre Union Sainte Cécile.

Je vous propose de commencer par les aspects plus fonctionnels et économiques de notre association avant de nous attarder quelque peu sur sa mission de formation.

1. Evolution de la boutique en ligne

L’année passée, je vous annonçais une refonte de la boutique en ligne. Sans doute avez-vous pu constater par vous-mêmes que c’est désormais chose faite. Nouveau design, nouvelles possibilités. Non seulement vous pouvez télécharger les partitions au format PDF, mais encore acquérir la version MP3 du chant, ou même un pack comprenant un fichier MP3 tutti et les MP3 voix par voix pour faciliter nettement les apprentissages. Ces fonctions concernent actuellement essentiellement des partitions vocales. De plus, un moyen supplémentaire de paiement est possible : outre le système Paypal, vous pouvez régler en ligne par carte bancaire. La boutique en ligne est encore appelée à se développer avec l’ajout d’un module de carte de prépaiement et par l’extension du téléchargement à d’autres rubriques comme les partitions d’orgue et les documents pédagogiques.

2. Subventions

J’aimerais vous annoncer des nouvelles plus réjouissantes ! Cette année, contrairement aux années précédentes, et malgré des efforts significatifs, nous n’avons rien reçu de la part du Conseil Général du Bas-Rhin. Habituellement, nous étions gratifiés d’une subvention de 12.000 euros. Le département du Haut-Rhin, quant à lui, a maintenu son aide à hauteur de 800 euros. Je disais que nous n’avions pas ménagé nos efforts quant aux dossiers qui ont été déposés auprès des institutions. Nous nous étions pliés aux nouvelles procédures exigées et avions passé plusieurs heures à monter les dossiers. Le résultat a été pour nous une grande déception car nous avions tenté de mettre en valeur l’ensemble des actions de l’association au profit de la culture locale. Vous le constatez : l’USC aussi doit faire face à la crise.

3. Prix

Par ailleurs face à cette quasi-disparition des subventions publiques, nous avons concouru pour l’obtention de deux prix :

  • le prix Initiatives Région Alsace 2013,
  • le prix de la Fondation Kronenbourg.

Aucune de nos candidatures n’a été retenue. Je me permets de souligner que, pour le premier, nous avions fait appel à votre vote par internet. En raisons du nombre d’adhérents de l’USC, il était légitiment envisageable d’espérer un meilleur score. La prochaine fois, pensez-y ! Nous aurions pu mettre en route la restauration de plusieurs manuscrits précieux de la bibliothèque musicale.

4. Formations

Au cours de cette année 2012-2013, nous avons été contraints d’annuler la grande session prévue au Mont Sainte-Odile. Bien sûr, cela nous a quelque peu arraché le cœur, mais c’était là une décision de sagesse. Vu le nombre d’inscrits, il n’était possible de tenir ni une dynamique pédagogique intéressante ni un équilibre financier. Pour mieux connaître les raisons de cette maigre mobilisation, nous avons largement diffusé un questionnaire. Nous avons ainsi pu constater que l’ouvrage au cœur de la thématique de la session, Puiser à la Source, demeurait largement inconnu dans nos paroisses malgré la pression mise au service diocésain de liturgie, de musique sacrée et art sacré pour qu’il soit livré dans le diocèse avant le Carême… De plus, beaucoup expliquaient aussi qu’une session sur plusieurs jours génère un coût conséquent pour les participants et demande une disponibilité pour les actifs. Nous avons pris acte de ces mutations de paramètres.
À côté de cela, dix journées Laudate ou journées chantantes ont été organisées. Je me permets d’ailleurs de rappeler ici que, désormais, les journées Laudate ne sont plus le lieu d’une pléthore de formations dispensées le même jour mais qu’elles deviennent le moment de célébration festif des acteurs de la liturgie au terme d’un processus de formation réfléchi, défini et vécu en amont dans les semaines ou mois qui précèdent.
Le Centre d’Action Liturgique et Musical, dont le contenu et le fonctionnement vous ont déjà été abondamment présenté en assemblée générale extraordinaire, commence à trouver un rythme de croisière. Les habitudes se prennent, des projets communs se dessinent. Nous dénombrons à ce jour 16 inscrits dans le département "orgue".
Enfin, nous contribuons à la formation à l’initiation au clavier pour 15 enfants de l’école maîtrisienne de la Cathédrale et à la technique vocale pour 8 enfants de la pré-maîtrise. Il est particulièrement significatif que l’USC puisse s’impliquer dans ce beau projet novateur dont les fruits sont d’ores et déjà manifestes.

5. La revue

2013 aura aussi été l’année du relooking de la revue Caecilia. Vous avez découvert avec le premier numéro de l’année une nouvelle maquette, plus fraîche, plus colorée. Nous ne pouvons que nous réjouir des échos positifs qui nous sont parvenus suite à ce rajeunissement, comme nous pouvons nous féliciter de la stabilité des abonnements là où d’autres revues, positionnées sur le même créneau, connaissent des difficultés croissantes. Je reviendrai plus tard sur la nécessité de votre soutien, notamment par le biais de la publicité, afin de pérenniser l’équilibre financier de la revue et lui assurer un avenir. Je suis sûr que vous êtes des lecteurs fidèles, attentifs et bienveillants. Vous aurez donc remarqué combien la revue essaie de s’ouvrir à tout ce qui fait la richesse de nos célébrations, en ne reniant en rien ce qui fait son histoire. Vous demeurez les meilleurs ambassadeurs et les meilleurs commerciaux de Caecilia. En parlez-vous autour de vous ? Avez-vous le souci de la faire connaître et apprécier dans votre paroisse auprès des servants d’autel, des catéchistes, des fleuristes, des sacristains, etc… ? Caecilia peut aussi être un bel outil de communion dans le service liturgique pour notre Eglise diocésaine.

Vous me permettrez de terminer en revenant à la constitution sur la sainte liturgie de Vatican II. La liturgie y est en effet présentée comme "la source et le sommet de l’activité de l’Eglise". Pour que cela ne reste pas qu’au niveau d’un vœu pieux, je souhaite que, honnêtement, toutes et tous, nous puissions nous interroger non sur ce que faisons en liturgie. La liturgie n’est pas un lieu de pouvoir, de faire-valoir ni moins encore un salon mondain où l’on se fait voir. Demandons-nous donc ce que la liturgie nous donne à vivre. Comment ce que nous chantons, la manière dont nous chantons, la raison qui nous fait chanter, nous fait grandir, chacun et chacune, dans la foi. Tout cela a effet n’a d’autre raison d’être que de mettre nos pas dans les pas du Christ. Si nous sommes persuadés de cela, et que nous vivons ce service comme une marche à la suite de Jésus, alors nous contribuerons à ce que l’intuition du Concile ne devienne pas lettre morte mais demeure un signe prophétique de l’évangile célébré, vécu et annoncé. 
 

Michel STEINMETZ †
Président de l'USC